Responsable de 30% des accidents mortels en France (1), la consommation d’alcool n’est pas compatible avec la conduite. La tolérance légale des 0,5g/l de sang est le plus souvent dépassée au-delà de deux unités d’alcool. Pour les jeunes conducteurs (permis probatoire) la limite est fixée à 0,2 g/litre de sang, ce qui est généralement inférieur à une unité d'alcool.
Les effets de l’alcool sur la conduite
L’éthanol contenu par les boissons alcoolisées est une substance psychoactive, c’est-à-dire qu’elle agit sur le cerveau dont elle modifie le fonctionnement. Dès le premier verre, l’alcool diminue donc les capacités à conduire : rétrécissement du champ visuel, réduction de la vigilance et de la résistance à la fatigue, diminution des réflexes, altération de la capacité à apprécier les distances, augmentation de la sensibilité à l’éblouissement, excès de confiance en soi, etc.
A la limite légale de 0,5 gramme d’alcool par litre de sang, le risque d’accident est multiplié par 2. Au-delà, le risque augmente de façon exponentielle (2)…
L’alcool affectant également le sens de l’équilibre, l’usage du vélo ou de la trottinette est à éviter dès le premier verre !
A noter enfin que certains médicaments, signalés par un pictogramme, ont des effets indésirables sur la conduite qui sont renforcés par la consommation de boissons alcoolisées, même en faible quantité. Le mélange drogue et alcool est quant à lui particulièrement dangereux, avec à titre d’exemple un risque d’accident mortel multiplié par 29 en cas de consommation simultanée d’alcool et de cannabis (3).
Le meilleur allié : le temps
Rien ne peut accélérer le travail d'élimination de l’éthanol par l’organisme : ni exercice physique, ni douche froide, ni café salé ou médicament miracle. Seul le temps permet de faire baisser l'alcoolémie.
Quelle que soit la quantité consommée, le taux d’alcoolémie maximal sera atteint après 15-30 minutes à jeun, 1heure au cours d’un repas.
Alcoolémie, mode d’emploi
En moyenne, chaque verre consommé fait monter le taux d’alcoolémie de 0,2 à 0,25 grammes d’alcool par litre de sang. On observe fréquemment que ces chiffres sont généralement supérieurs pour certains profils (femme, personnes de faible corpulence) ou en fonction de l'âge (jeunes, personnes âgées).
Il faut en revanche beaucoup de temps à l’organisme pour éliminer l’alcool : 0,1 à 0,15 g/l par heure pour une personne en bonne santé. Il faut donc compter entre une heure et deux heures pour éliminer un seul verre.
Les sanctions encourues
Les détenteurs d’un permis de conduire classique ont interdiction de conduire avec un taux d’alcool dans le sang supérieur ou égal à 0,5 grammes par litre de sang (soit 0.25 mg d’alcool par litre d’air expiré). Pour les détenteurs d’un permis probatoire et les conducteurs de transports en commun (autobus et autocars), le taux d’alcool dans le sang doit être inférieur à 0,2 gramme d'alcool par litre de sang (soit 0.10 mg par litre d’air expiré).
Au-delà des risques d’accident, la conduite en état d’alcoolémie est notamment passible de fortes amendes et de sanction pénales(4) :
- Conduire avec un taux d'alcool compris entre 0,5 et 0,8 gramme par litre de sang (ou supérieur/égal à 0,2 gramme par litre sang pour les détenteurs du permis probatoire) est une infraction, passible d’une amende forfaitaire de 135 € et de la perte de six points du permis de conduire. La suspension du permis de conduire pour une durée de trois ans est également encourue.
- Pour les détenteurs du permis probatoire, la perte de 6 points du permis de conduire implique l’invalidation du permis si l’infraction a lieu la première année, rendant nécessaire de repasser l’examen (code et conduite).
- A partir de 0,8 gramme par litre de sang, il s’agit d’un délit passible de 9.000 € d'amende, trois ans d'emprisonnement et la suspension ou l’annulation du permis de conduire. La perte de six points du permis de conduire est automatique.
A noter que, en cas d'accident sous l'effet de l'alcool, votre compagnie d'assurance vous appliquera des sanctions (refus de couverture des dommages, augmentation des cotisations, résiliation du contrat …).
Une seule solution : s’organiser
Le moyen le plus simple de ne prendre aucun risque est de ne pas consommer d’alcool avant de prendre le volant.
Lorsque l’on a décidé de sortir en groupe, le conducteur désigné - ou Sam(5) – est celui qui choisit de ne pas consommer d’alcool pour ramener chacun en toute sécurité.
Adopter le réflexe éthylotest en mesurant soi-même son taux d’alcoolémie avant de décider de reprendre le volant (éthylotests chimiques ou électroniques) est également une bonne idée.
Pour ne pas risquer sa vie, celle de ses proches, des autres usagers de la route ou des piétons, toutes les solutions alternatives sont préférables à la conduite en état d’alcoolémie : prendre les transports en commun ou un taxi, rentrer à pied si l’on est en état de le faire, se faire raccompagner (par une personne n’ayant pas consommé plus de deux unités d’alcool), passer la nuit sur place ou à l’hôtel, etc.